Brésil Salsa Anhumas à la voile
Café de spécialité arabica du Brésil transporté à la voile. Tasse ronde et gourmande aux notes de cacao, céréales maltées et fruits à coque.
En juin 2025, nous sommes partis au Brésil avec un objectif précis : mieux comprendre les enjeux d’une caféiculture plus durable et rencontrer celles et ceux qui expérimentent aujourd’hui de nouveaux modèles agricoles.
Pendant une semaine, nous avons découvert la Fazenda Ambiental Fortaleza (FAF), dirigée par Felipe Croce, et rencontré plusieurs producteurs engagés dans l’agroforesterie et l’agriculture régénérative. Un voyage fait de rencontres, de cuppings et de découvertes qui allait aussi guider nos futurs choix de cafés.
1er jour :
Arrivée à São Paulo où nous rencontrons notre groupe : Fanny de Belco, notre guide pour la semaine, et quatre autres torréfacteurs venus de France, Belgique et Roumanie. Après 4h de route, direction Igarai, à la Fazenda Ambiental Fortaleza (FAF), notre point de chute.
Créée par la famille Croce il y a 25 ans, la FAF est aujourd’hui dirigée par Felipe, qui y développe un modèle d’agroforesterie et d’agriculture régénérative. Malgré la saison sèche, nous arrivons sous la pluie, compromettant une partie du séchage des cafés. Des tests en tasse permettront ensuite de déterminer si certains lots doivent être déclassés.
Après un repas composé de produits issus de la ferme, Felipe nous fait découvrir sa « biofactory », où sont produits des traitements naturels à base de micro-organismes, appliqués sur les sols et les plants.
Aucun pesticide n’est utilisé à la FAF : la biodiversité joue un rôle essentiel dans la protection des cultures. Felipe expérimente aussi des variétés éthiopiennes et a développé un indicateur de durabilité (HNV) pour accompagner les producteurs vers une agriculture plus résiliente.
2ème jour :
Le lendemain, légère tension : des gelées sont annoncées. Finalement, la température ne descend pas en dessous de 4 °C et aucun dégât n’est à signaler.
Des étudiantes en agronomie nous présentent leurs recherches sur la productivité et la qualité des sols en monoculture et en agroforesterie. L’objectif est notamment d’atteindre un taux de sucre (Brix) de 20 % dans les cerises de café, un niveau rarement observé en monoculture et qui témoigne d’une belle maturité du fruit.
Au laboratoire qualité, 350 g de café vert sont analysés pour déterminer la qualité des lots. Les cafés d’entrée de gamme de la FAF comptent au maximum 40 défauts, contre plus de 80 en modèle conventionnel, tandis que certains microlots n’en comptent que 6 à 8.
L’après-midi, session de cupping avec les cafés de la région, dont plusieurs microlots traçables. Notre objectif : sélectionner un café brésilien durable pour notre offre BtoB et nos blends 2026.
Nous visitons ensuite deux modèles agroforestiers inspirants, dont une parcelle expérimentale en altitude, jugée « non adaptée » à l’arabica dans le futur… mais que Felipe transforme aujourd’hui pour les vingt prochaines années.
Nous rencontrons également Roberto, producteur de cachaça, qui débute sa transition vers une agriculture régénérative sans intrants, avec pour projet d’intégrer progressivement davantage d’arbres.
3ème jour :
La journée commence par un cupping des cafés Bob-o-Link, un projet regroupant des producteurs engagés dans des pratiques durables.
Rencontre marquante avec Roberto Prado, 28 ans, qui reprend la ferme familiale en difficulté contre l’avis de ses parents. Actuellement en agriculture conventionnelle, il souhaite transformer sa ferme en modèle agroforestier avec l’accompagnement de la FAF. Les effets du dérèglement climatique y sont déjà visibles : floraisons désynchronisées, perte de rendement…
Nous visitons ensuite la ferme de Roberta Goulart, qui s’est tournée vers FAF et teste un modèle agroforestier et des solutions naturelles de biofertilisation après avoir utilisé sans succès des intrants chimiques contre la rouille du caféier.
La journée se poursuit par un cupping en plein air avec le van « Lado a Lado », un laboratoire mobile qui permet notamment aux producteurs de goûter leurs propres cafés, parfois pour la première fois.
4ème jour :
Nous démarrons la journée avec Clayton, collaborateur de la FAF depuis 20 ans, qui maîtrise tout, de la fermentation au séchage.
Puis visite de la plantation de Patricia, avec co-culture café, avocatier et maïs : un modèle sans intrants, où la biodiversité contribue naturellement à protéger les cultures.
Nous découvrons ensuite la ferme Santa Clara de Milton Nogueira, 72 ans, ancien banquier devenu l’un des premiers producteurs de café 100 % biologique de la région. Il cultive également du maïs, des ananas et des haricots. Son séchoir artisanal permet un séchage lent à 40 °C pendant 48 heures. Et ils ne sont que deux pour gérer toute la ferme !
Clap de fin dans la vallée de Serra dos Ciganos, où nous rencontrons João Hamilton, producteur référent et co-gérant d’une station de séchage de deux hectares. Ici, les 40 producteurs de la vallée déposent leurs récoltes et chaque lot est traité séparément afin de garantir une traçabilité individuelle.
Les producteurs nous partagent également une autre réalité : avec la hausse des cours du café, certaines plantations sont désormais la cible de pillages.
Une semaine intense, riche en rencontres, en échanges et en inspirations. Ce voyage a renforcé notre volonté de privilégier des cafés de qualité, plus traçables et issus de filières engagées. Car derrière chaque tasse, il y a un terroir, des producteurs et tout un savoir-faire que nous avons à cœur de valoriser.
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